Sony lance un plein format à objectifs interchangeables. Pas très joli.

L’annonce officielle tombe ce mercredi: Sony lance un appareil à capteur plein format (24x36mm), équipé d’un viseur électronique et d’objectifs Zeiss interchangeables.

Brèfle, du haut de gamme qui devrait, théoriquement, faire trembler Leica sur ses bases, puisqu’il s’agit du premier "non-reflex" avec optiques de haute qualité chassant directement sur les terres de la marque allemande. Le tout à un prix nettement inférieur, puisque le nouveau Sony est annoncé en deux versions: un boîtier a7 (capteur 24 MP) à 1800 francs suisses environ avec zoom standard 28-70mm f3.5-5.6, et un boîtier a7r (capteur 36MP, sans filtre passe-bas pour plus de netteté) vendu 2300 francs suisses, boîtier seul.

Les deux modèles sont tropicalisés, affichent une vitesse maximale de 1/8000e, une mise au point à détection de phase, le wifi. Le viseur électronique à 2,4 mios de pixels est le même que celui utilisé par le nouvel Olympus E-M1 et se double d’un écran inclinable. Deux objectifs à focale fixe sont présentés simultanément: un Zeiss 35mm f2.8 et un 55mm f1.8. D’autres sont prévus.

Voilà pour les données techniques. Le site DPreview publie ses premières impressions, plutôt un résumé du communiqué. Plus intéressantes sont les photographies de Haïti réalisées par Brian Smith. Maintenant, je regarde l’image du Sony a7r et je me dis… bof. Un appareil de ce niveau ne doit pas être seulement bon techniquement, il doit avoir du sex appeal, convaincre par son design. Celui-ci semble avoir été assemblé à partir de briques Lego. C’est froid, sans style. Peut-être ai-je un problème avec Sony (j’en discuterai avec mon psychiatre), mais je n’ai jamais été convaincu par ses appareils photo. Je ne sais pas pourquoi, mais on sent que cette marque n’a pas de vraie tradition dans ce domaine.

Avec la série NEX au format APS-C, Sony avait au moins innové, osé le boitier ultraplat avec une grosse poignée pratique pour la prise en main, dont se sont inspirés d’autres constructeurs. La première tentative de Sony dans le plein format, le RX1 lancé il y a un an, était pénalisée par deux grosses faiblesses: pas d’objectif interchangeable, et surtout pas de viseur incorporé (plus le prix). Mais le boîtier lui-même était une prouesse technique par sa petite taille, et il était assez élégant.

On ne peut en dire autant du a7/a7r. Il multiplie les protubérances et ressemble comme deux gouttes d’eau à… un boîtier reflex, en moins harmonieux. Le comble pour un appareil "mirrorless" qui devrait séduire par ses lignes novatrices et sa discrétion.

L’autre bémol se situe au niveau des objectifs. Les deux focales fixes annoncées déçoivent par une ouverture maximale moyennement lumineuse. Bien sûr, c’est du Zeiss, mais est-ce une raison pour faire moins bien que la concurrence? Le prix des cailloux (850 francs environ le 35mm, plus de 1000 francs le 55mm) n’est pas donné.

L’amateur exigeant va-t-il débourser quelque 3300 francs - davantage qu’un Nikon D800 avec 50mm - pour s’aventurer dans une toute nouvelle gamme où le choix d’objectifs sera très restreint, au début en tout cas? Contrairement à Steve Huff (qui a l’enthousiasme facile), j’en doute.

D’une manière générale d’ailleurs, je trouve que les fabricants d’appareils "mirrorless" devraient faire très attention. Ces trois dernières années, ils ont surfé sur la mode des boîtiers légers et discrets, profitant des progrès très nets réalisés avec les capteurs au format APS-C ou 4/3. Panasonic, Olympus et Fuji ont développé de jolies gammes d’objectifs.

Mais quand je vois que le nouveau boîtier 4/3 d’Olympus, le E-M1, sera vendu 2700 francs suisses minimum avec son zoom à ouverture constante f2.8, c’est-à-dire plus cher qu’un Nikon 600 plein format avec zoom standard, quand je vois cet appareil prendre du poids et de la graisse, je me dis qu’il perd deux atouts qui ont séduit le public convaincu par son prédécesseur, l’OM-D. Si encore le gain en qualité d’images était spectaculaire par rapport à l’OM-D, je dis pas, mais il semble que ce ne soit pas le cas (malgré les revues dithyrambiques des photographes "prescripteurs d’opinion" invités à le tester dans un superbe manoir anglais). Il faudra attendre un an au moins avant le prochain saut qualitatif des capteurs APS-C ou 4/3 (la maîtrise encore améliorée des contrastes, le "bruit" à haute sensibilité m’étant plus vraiment un problème).

Regardons surtout du côté porte-monnaie. Depuis un peu plus d’un an, on assiste à une inversion des prix. Il n’y a pas si longtemps, les appareils dits "compacts experts" plafonnaient autour des 7-800 francs, et les reflex commençaient à peu près à ce niveau. Aujourd’hui, les reflex sont devenus nettement plus avantageux. Le Nikon 5200 au format DX par exemple est soldé pour 700 francs suisses. Le toujours excellent Nikon D7000 (DX aussi) est liquidé 100 francs de plus. Chez Canon, les baisses de prix vont dans le même sens. En revanche, la catégorie d’appareils que l’on désigne, faute de mieux, sous le terme d’ "hybrides" ou "mirrorless" en anglais ont vu leurs prix grimper nettement au-dessus de 1000 francs, voire de 2000, atteignant le niveau des modèles reflex semi-pro. Il est vrai que leurs performances sont devenues quasiment comparables à ces derniers et qu’ils bénéficient d’un avantage de taille (moins évident cependant pour l’Olympus E-M1 ou le Sony a7r). Je trouve néanmoins qu’il y a une nette inflation dans l’air, due à l’effet mode.

Le photographe qui se soucie du rapport prix/performances et non d’obéir aveuglément aux dernières tendance n’a guère à hésiter: les bon vieux reflex sont plus intéressants que les dernières nouveautés "mirrorless".

Actualisation le 23 octobre: Mauvaise nouvelle pour Sony, il semble que Nikon annoncera, début novembre, un appareil à capteur plein format (peut-être celui du D4), boîtuer compact de style rétro. Bref, un concurrent frontal du a7r, à l’énorme différence près qu’on pourra très probablement y fixer toutes les optiques Nikon existantes. Un point reste à éclaircir: l’appareil est qualifié d’"hybride" bien qu’il soit équipé d’un viseur à prisme classique et non d’un viseur électronique. Affaire à suivre.

  1. Un commentaire plus que pourri, inintéressant et antipathique destiné a démolir l’esprit novateur de Sony. Il est vomi dans l’incompréhension de l’enjeu de cette intéressante nouveauté pour les photographes experts qui pourront dorénavant accéder au plein format à des prix très démocratiques. Dommage qu’une telle analyse soit décrite par un vrai ayatollah Canikoniste pas du tout objectif, à coté du vrai sujet, ayant pour seule mission de discréditer un des fabricants le plus innovants du moment.

  2. Tout sauf un commentaire de photographe. Franchement, il y a un peu plus à dire sur le A7/R que son look, à croire que l’auteur ne fait pas de photo. Quand à la mauvaise nouvelle Nikon, leur nouveau boitier est à monture "F", c’est à dire rien de comparable en termes de compacité. Je passe sur l’arrogance du texte …

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