Intéressante dépêche de Bloomberg, où l'on apprend que les banques liechtensteinoises draguent les riches Anglais en leur proposant de se mettre en règle avec le fisc de leur pays, moyennant une amende tout ce qu'il y a de plus raisonnable.
Le traité négocié entre Vaduz et Londres fixe le montant des pénalités à un quart du niveau qu'elles atteindraient selon les normes usuelles. Voilà qui n'est pas cher - à peine plus que le prix des somnifères - pour dormir du sommeil du juste. Des arrangements similaires sont négociés avec les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et l'Italie.
Les autorités britanniques espèrent rapatrier ainsi 1 milliard de livres (1,7 milliard de francs suisses). On peut mettre ce chiffre en regard des 535 millions de francs versés par la Suisse en 2009 à l'ENSEMBLE de l'Union européenne au titre de retenue à la source - le système défendu par Berne pour conserver le secret bancaire. On notera au passage que ce montant a chuté de 200 millions de francs par rapport à l'année précédente - la faute à la crise, sans doute... Sur ce montant, 43,6 millions de francs sont allés à la Grande-Bretagne. On est assez loin des "milliards de francs par année" que l'Association suisse des banquiers fait miroiter devant les yeux fatigués des Européens.
Parce qu'il a été attaqué plus tôt et plus fort que la Suisse sur l'évasion fiscale, parce qu'il est plus petit, "le Liechtenstein a dû réagir de façon plus créative", dit Katja Gey, qui a aidé le gouvernement à négocier les nouveaux accords fiscaux. Du coup, il a pris une bonne longueur d'avance sur la Suisse, "qui a perdu deux ans dans ces discussions", estime Adolf Real, président de l'association des banquiers du Liechtenstein.
Pour Philip Marcovici, un avocat d'affaires de Baker & McKenzie à Zurich, également enseignant dans plusieurs universités, "la Suisse semble en train d'échouer misérablement à jouer un rôle de leader mondial sur cet enjeu global". Nombre de banques suisses s'enferment dans "un déni de réalité en croyant qu'après la crise, les gouvernement vont oublier tout cela. C'est un non-sens."
Pendant que le Liechtenstein se retire tranquillement de la ligne de mire, l'Allemagne achète un CD volé de données-clients de Credit-Suisse.
En Chine, le syndicat officiel bientôt (un peu plus) indépendant
Il y a 21 heures
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire