vendredi 7 mai 2010

Le résultat du "contrôle-toi toi-même"

A signaler, cette enquête du Wall Street Journal sur le Minerals Management Service (MMS), la petite agence gouvernementale qui surveille, aux Etats-Unis, l'activité des sociétés qui font des forages offshore. La principale conclusion est qu'elle a progressivement laissé l'industrie fixer et appliquer elle-même les règles de sécurité, se contentant de fixer des objectifs généraux.
Autre conclusion, la sécurité sur les plateformes américaines a été nettement moins bonne que sur les plateformes européennes ces cinq dernières années. Ajustée au nombre d'heures travaillées, la statistique montre qu'un employé américain avait cinq fois plus de chances d'être tué qu'un européen, et 23% plus de chances de subir un accident grave.
Le MMS dispose de 14 hélicoptères pour inspecter 38 000 puits et plateformes dans tout le Golfe du Mexique. Le nombre de puits inspectés est tombé de 1292 en 2005 à 760 en 2009. "Notre travail n'est pas de jouer aux baby sitters", dit un responsable de l'agence, dont le rôle est double: veiller à la sécurité, mais vérifier aussi les quantités pompées et, de ce fait, les rentrées fiscales pour l'Oncle Sam. Le budget de MMS (342 millions de dollars pour 2010) est financé pour moitié par les royalities que verse l'industrie. Est-il besoin de préciser que l'agence semble avoir montré plus de zèle pour l'aspect fiscal de sa mission que pour la sécurité?
Quant à l'industrie, elle s'est opposée en 2009 à un durcissement des règles environnementales.
En Suisse, nous avions un système similaire d'auto-surveillance, pour les fonds gris ou franchement noirs aboutissant dans les coffres des banques. Il a fallu des scandales à répétition pour que la Suisse adopte une loi sur le blanchiment d'argent et, aujourd'hui, adapte celle sur le secret bancaire.

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