mardi 4 mai 2010

J'veux voir un cormoran englué !!!!

Je plains les envoyés spéciaux en Louisiane. Caméras au poing, téléobjectifs braqués, ils attendent depuis trois jours, comme le lieutenant Drogo du "Désert des Tartares", les pitoyables victimes de la maréenoiredusiècle qui fixeront de leur oeil agonisant et accusateur les téléspectateurs du monde entier.
Moteur, on tourne! Euh..., attendez chef: on a retrouvé 21 tortues mortes, mais faut encore les envoyer au labo, parce qu'on sait pas trop bien ce qui les a fait trépasser. (Nota bene: quant au pauvre zoziau ci-dessus, il a été photographié en Corée, pas dans le Golfe du Mexique)
Mais ce n'est pas possible, ça! On parle bien d'une ca-ta-stro-phe écologique "sans précédent", non? Obama s'est bien rendu sur place, non? Où sont les marais de Louisiane clapotant lamentablement sous une nappe noirâtre, les alligators sur le dos, même plus bons pour en faire un sac à main?
Le léger problème, c'est qu'on ne sait à peu près rien. Ce qui causé l'accident? Mystère. Combien de barils glougloutent quotidiennement depuis le fond? 1000, 5000, 25000? On a tout lu, tout entendu, sauf un chiffre fiable. Combien de kilomètres de côte touchés? Il semblerait que la maréenoiredusiècle prend son temps pour arriver, que les vagues la dispersent un peu - zut alors.
Fâcheux contretemps car, comme le relève la revue de presse de la TV romande, "les inquilétudes liées à la marée noire aux Etats-Unis continuent de s'étendre dans la presse". Noires d'inquiétudes, qu'elles sont, les pages des journaux. Qu'elle se grouille, cette fichue maréenoiredusiècle!
Et voiilà qu'on tombe dans le New York Times de ce matin un article intitulé: "Gulf oil spill is bad. But how bad?" La conclusion est prudente. Beaucoup de choses dépendront du temps qu'il fait, de la capacité de BP à boucher la fuite, etc. Mais pour l'instant, les pêcheurs et autres locaux qui pleurent misère devant les caméras du monde ont surtout trouvé un job à dix dollars l'heure pour nettoyer des plages qui ne sont pas encore polluées.
Si on me paie le billet d'avion, je veux bien aller les aider, j'apporterai même mes bottes en caoutchouc.
Sauf que, attendez, attendez... Il semblerait que le volcan islandais Unjafördsikollayatolsmfrötsinklabüll se réveille. Un nouveau nuages de cendres risque d'interrompre à nouveau les vols.
"Seigneur, donnez-nous notre catastrophe quotidienne!"

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