mercredi 7 avril 2010

Quand Nestlé se fait piéger par Greenpeace

Décryptage intéressant sur ce lien de la campagne menée par l'organisation écologiste contre un sous-traitant indonésien de Nestlé qui lui livre de l'huile de palme en ne respectant pas les conditions minimales pour une agriculture durable. Je ne connaissais pas "l'effet Streisand": quand une institution victime d'une attaque se cabre en adoptant une attitude étroitement juridique pour toute défense - dans ce cas, une atteinte à la propriété intellectuelle - et tente de censurer le message, il en résulte un effet multiplicateur sur l'efficacité de l'attaque.
Je suis plus sceptique sur les conseils que donne cet article, à la fin, aux entreprises attaquées: "prévoir en amont les conflits potentiels, mettre en place une équipe expérimentée, offrir un espace de discussion spécifique, dialoguer", etc.
C'est ce que font déjà la plupart des multinationales, Nestlé compris. Or leur puissance même les met en position de faiblesse dans ce genre de situation, en particulier si leur credo affiché ("nous mettons en oeuvre une politique de développement durable", par exemple, ou, en version Nestlé, la "création partagée de valeur") entre en contradiction avec leur action ou inaction sur le terrain. Les géants de l'agro-alimentaire peuvent faire tout ce qu'ils veulent, ils restent des géants, et à ce titre soupçonnés de faire passer les populations locales après leurs actionnaires. Ce n'est pas qu'un problème de communication, c'est un problème de fond.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire