Un bref message - pour l'instant - afin de me mettre à jour avec l'actualité bancaire, dont la plus importante n'est pas celle qui fait les gros titres de la presse généraliste.
Les mesures annoncées par Kenneth Feinberg, le "tsar des rémunérations" américain et la Réserve fédérale à la fin de la semaine dernière donnent l'impression que l'administration Obama prend, enfin, le taureau par les cornes. Je n'ai pas eu le temps de regarder dans le détail, mais le Wall Street Journal oui, et la conclusion étonnante de l'article est que si, dans les cas les plus visibles, un coup de rabot a bien été donné aux salaires et bonus excessifs, dans de nombreux autres cas - la majorité en fait: 89 sur 136 vus par Kenneth Feinberg - les rémunérations ont été AUGMENTEES. Chez Citigroup, les salaires de 13 employés sur 21 sous revue ont été doublés.
Ainsi, malgré les effets de manche (des conservateurs britanniques aussi, qui font feu de tout bois en ce moment), pas beaucoup de changements sur le front des bonus.
En revanche, ça bouge à propos de l'enjeu "too big to fail" ("trop gros pour faire faillite"). J'ai signalé sur ce blog l'intervention de Mervyn King, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui a le courage de recommander le démantèlement contrôlé des banques dont la taille représente un risque systémique. Son discours a fait l'effet d'un électrochoc et suscite des débats nourris dans le Financial Times. Martin Wolf est plutôt sceptique, John Kay nettement favorable. Il faudra revenir sur les arguments des uns et des autres.
Mals la grosse nouvelle de ce début de semaine dans ce domaine, c'est bien sûr la décision prise par ING, la plus grande banque des Pays-Bas, de vendre d'ici à 2013 45% de ses actifs, dont son business d'assurance, ses activités en ligne aux Etats-Unis et des morceaux de sa banque de détail dans le pays même. Bien entendu, ING n'a pas pris ces mesures de gaieté de coeur. Elle a aussi dû annoncer une émission de 11,2 milliards de dollars pour rembourser les montants publics injectés pour eviter sa faillite. Du coup, le cours de son action, ainsi que ceux de Royal Bank of Scotland, KBC et Lloyds Banking group ont chuté, car toutes ces banques sont dans des situations peu ou prou comparables.
La commission européenne, en particulier Neelie Kroes (concurrence) semble avoir joué un rôle important dans la décision d'ING.
Voilà donc une grande banque bel et bien "cassée" pour avoir pris trop de r5isques inconsidérés. C'est un précédent de taille, significatif, comme l'analyse The Economist. Ainsi, l'Union européenne apparaît ici, à première vue du moins, plus audacieuse que les Etats-Unis, où la crise a pourtant créé des banques encore plus géantes, encore plus problématiques en termes de risques systémiques.
A moins que le projet dévoilé mardi par le Trésor américain, qui donnerait à la Réserve fédérale le droit de démanteler les établissements à hauts risques, entre autres mesures, soit du sérieux. Trop tôt pour juger. Affaire à suivre.
Worrying About Bailout Banks' Brain Drain
Il y a 2 jours

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