Quand il était directeur financier d'UBS Global Wealth Management, Mark Branson a connu son quart d'heure de gloire le 18 juillet 2008 en témoignant devant une commission du Sénat américain des turpitudes commises par son employeur en matière d'évasion fiscale. C'est lui qui a très officiellement présenté les excuses de la banque suisse.
Aujourd'hui, apprend-on, Mark Branson a trouvé un nouveau job: le citoyen britannique de 40 ans rejoint la direction de la FINMA, l'organe de contrôle suisse des services financiers.
C'est une bonne nouvelle. Rien de tel que quelqu'un qui connaît les rouages bancaires de l'intérieur pour mettre son nez là où il faut. La Commission fédérale des banques (CFB), prédécesseur de la FINMA, s'était signalée par son stupéfiant manque de curiosité face à UBS et à sa contribution active à l'évasion/fraude fiscale. La CFB, présidée par un ancien d'UBS qui reste d'ailleurs à la tête de la FINMA, n'avait jamais trouvé matière à lancer une enquête sur les pratiques de la banque aux Etats-Unis, alors même qu'en livrant au fisc américain des centaines, puis des milliers de noms, le Conseil fédéral a justifié cette mesure par le fait qu'UBS violait aussi des lois suisses. Toujours la même hypocrisie, la même façon de détourner pudiquement le regard de ce qui dérange.
Tempi passati..., ose-t-on espérer. Bon boulot, Mark Branson, il y a du pain sur la planche!
P.S.: Petit débat interne au Temps entre ceux qui pensent, comme bibi, qu'un voleur repenti peut devenir un policier efficace et ceux qui pensent que le guignol présentant les excuses d'UBS au monde entier ne peut se muer en gendarme crédible. Si vous avez un avis, ne vous gênez pas. L'autre question porte sur les compétences professionnelles de Mark Branson. D'après son CV, il était à la comm' d'UBS - dont les prestations furent un désastre absolu - avant d'être parachuté à la tête du Global Wealth Management quand celui-ci était déjà dans le collimnateur du fisc.
En fait l'engagement du jour est plutôt celui de "Bob" McCann (ex-Merrill Lynch) chez UBS, où il va diriger les 7800 conseillers financiers qui restent. Welcome on board, Bob!
P.P.S.: Bob McCann recevra un salaire fixe de 850 000 dollars par an, sans bonus garanti, et déclare à Bloomberg qu'il ne fera pas de la surenchère pour engager des conseillers. Dont acte.
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Il y a 2 heures

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