Cheikh Yérim Seck, "citoyen du Sénégal" comme il signe quand il dénonce les menaces dont il est l'objet, est un de ces journalistes courageux et fouineurs qui font honneur à l'Afrique. En plus, il écrit bien. Dans le dernier numéro de Jeune Afrique, il fait un portrait dévastateur de Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire qui s'est emparée du pouvoir en Guinée en décembre 2008.
OK, personne, hors d'Afrique, ne s'intéresse à la Guinée, pays de 10 millions d'habitants, colonie française jusqu'en 1958, soumis depuis à la dictature paranoïaque de Sékou Touré, puis à celle corrompue de Lansana Conté. Pensez: même pas d'installations touristiques dignes de ce nom pour observer la misère en technicolor.
Il faut donc acheter Jeune Afrique et lire le portrait de Moussa Dadis Camara, l'homme au béret rouge, "sans nul doute l'unique chef d'Etat au monde à ne pas avoir de cabinet en ordre de marche ni de secrétariat, écrit Cheikh Yérim Seck. Pas de fiche d'audience non plus pour les nombreux visiteurs attendant des heures pour un hypothétique entretien. Pis, le capitaine putschiste n'a participé qu'une seule fois au conseil des ministres, qu'il a quitté avant la fin de la séance."
Moussa Dadis Camara a une méthode de gouvernement originale: "Toutes les questions, y compris les plus sensibles, sont réglées dans sa salle d'attente, sous l'oeil des caméras de la Radiotélévision guinéenne. Il en résulte un feuilleton que les Guinéens ont baptisé, non sans humour et dérision, le Dadis Show, une sorte de quart d'heure du rire qui fait un carton dans les capitales de l'Afrique occidentale."
En voici un extrait ci-dessous. Mais au-delà du rire, la colère l'emporte: encore un cinglé qui, tout en dénonçant les rapines et truanderies des autres, est en train de piller un pays qui, s'il était géré avec un minimum de correction, pourrait se développer rapidement.
The Senate's Non-Bank Resolution Authority Bumbling
Il y a 2 jours

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