mardi 16 juin 2009

Free trade ou fair trade?

Ce que j'adore dans ces reportages sur le cacao, ce sont les contrastes. En Côte d'Ivoire, je me trouvais un matin à la Maison de correction d'Abidjan et le soir à un défilé de mode fréquenté par des ministres et la bonne société ivoirienne. Il y a quelques jours, je visitais Felchlin, le plus petit chocolatier industriel suisse, après avoir vu la plus grande fabrique de chocolat liquide du monde à Wiese. Et aujourd'hui, j'ai rencontré Sophi Tranchell, directrice de Divine Chocolate, la marque "commerce équitable" dont 45% du capital est détenu par la coopérative ghanéenne Kuapa Kokoo, puis Anthony Ward d'Armajaro, à la fois négociant de cacao et gérant de hedge funds, considéré par certains comme le plus redoutable spéculateur du secteur. J'ai encore vu Philip Sigley, directeur de la Fédération du Commerce de Cacao (FCC, organisation de l'industrie), qui publiait récemment un texte assez polémique sur le "fair trade". Quant à mon avis, laissez-moi un peu de temps pour décanter. Divine est certainement l'exemple le plus abouti dans cette philosophie, mais ses ventes atteignent 25 millions de francs suisses, alors que le chiffre d'affaires de l'industrie du chocolat tourne autour des 80 milliards de francs. Armajaro est loin d'être inactif dans le domaine de la production pérenne, de la traçabilité et du soutien aux communautés locales. La différence est que dans ce dernier cas, l'initiative reste dans les mains de la société basée à Londres, tandis que dans le cas de Divine, les producteurs ont un vrai pouvoir institutionnel proportionnel à leur part de capital. Mais encore une fois: 25 millions de francs, alors qu'Armajaro est un des trois premiers négociants du monde.

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