mardi 9 juin 2009

Filière cacao ivoirienne: procès ou pas?

Il y a un an, l'arrestation de 23 dirigeants de la filière cacao ivoirienne avait fait grand bruit. Accusés de détournements massifs de fonds, notamment à l'occasion du rachat de l'usine Nestlé de Fulton (Etats-Unis), les "barons" se retrouvaient à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), dont des proches conseillers du président de Laurent Gbagbo.
Celui-ci avait-il fait sauter cette boîte de fusibles pour donner des gages de bonne gouvernance à la communauté internationale? L'hypothèse est plausible. Ce qui est sûr, c'est que depuis, rien n'a bougé pendant onze mois. En mai, un des dirigeants emprisonnés à qui je rendais visite à la MACA pour lui remettre des livres me confirmait qu'il n'avait toujours pas été entendu par un juge.
Depuis peu, il y a du mouvement. Samedi dernier, un millier de manifestants - des proches et partisans des prisonniers - ont manifesté publiquement pour implorer le pardon du président. Les 23 dirigeants commencent enfin à défiler devant le juge cette semaine. Quant au journal Le Patriote, citant un avocat, il affirme ce matin que "ce procès n’aura jamais lieu parce qu’il y a trop de gens dans des systèmes qui sont impliqués dans ce dossier". A prendre avec des pincettes. En Côte d'Ivoire, l'information neutre est rare, on ne sait jamais qui manipule qui.
Mais dans un climat qui commence à chauffer autour des élections (annoncées pour novembre par Laurent Gbagbo) et d'une grève des dockers à Abidjan dont les effets semblent se faire sentir dans l'approvisionnement du pays, la résurgence du enjeux de la filière cacao est un élément non négligeable. La Côte d'Ivoire produit près de 40% du cacao mondial. Cette ressource représente un bon tiers de la valeur totale des exportations ivoiriennes et fait travailler quelque 3 millions de personnes.
Le groupe de réflexion qui doit accoucher des nouvelles structures de la filière vient d'être désigné et commence ses travaux sous étroite surveillance du pouvoir politique, qui y a nommé des proches. D'après un ou deux échos que j'ai recueillis auprès de gens qui suivent l'affaire, il ne faut pas en attendre des miracles.

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