jeudi 21 mai 2009
Un bon point pour le Cocobod
Avec mon esprit mal tourné, je n’ai pu m’empêcher de prendre en douce cette photo des BMW et autres 4x4 rutilants parqués derrière le siège central du Cocobod à Accra. Les fonctionnaires du cacao ne se négligent pas. Mais regardons l’essentiel : là où le premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire, a sombré dans une libéralisation anarchique et catastrophique pour le secteur, le second, le Ghana réussit à garantir des prix plus stables et plus élevés aux planteurs, une qualité infiniment supérieure et une meilleure sécurité d’approvisionnement pour les exportateurs. Cela, c’est le travail du Cocobod, un organisme d'Etat. Il est intéressant de rappeler qu’au début des années 90, le Ghana a subi les mêmes pressions que son voisin ivoirien pour libéraliser complètement sa filière. Il ne l’a fait que partiellement, est même revenu quelques pas en arrière. J’ai visité ses installations inaugurées l’an dernier dans le port de Tema, proche d’Accra : impressionnant. Six halles dont chacune est plus vaste que deux terrains de football, propres, où la fumigation se fait dans les règles, les contrôles aussi, avec du matériel moderne et du personnel compétent. J’ai aussi interviewé le No 2 de la division « contrôle de qualité », K. Gorkeh-Seknyim, qui emploie à elle seule plus de 1000 personnes. L’homme parle franc, répond sans détour aux questions sur la corruption ou le travail des enfants. Il a un avis personnel (sceptique) sur le mouvement « commerce equitable ». Le Cocobod pratique déjà la traçabilité, encourage les bonnes pratiques agricoles, subventionne le renouvellement des cacaoyers, se montre impitoyable sur la qualité des fèves livrées. Le résultat est visible pour les négociants - un d’entre eux me l’a confirmé. Il l’est aussi pour les planteurs : depuis 2001, ils ont reçu une prime chaque année.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire