jeudi 14 mai 2009

Photographie socio-économique de la Côte d'Ivoire

Le quotidien ivoirien Nord-Sud publie une pleine page détaillant le "Document de stratégie de réduction de la pauvreté", photographie de la situation économique et sociale de la population. Elle n'est pas bonne. Le taux de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté est passé de 33,6% en 1998 à 48,9% l'an dernier. Dans la région du nord, autour de Korhogo, il atteint même 85% (!) pour les personnes vivant en milieu rural.
Et encore ce seuil a-t-il été évalué à un montant très bas: 661 francs CFA par jour, soit environ 1 euro par jour. Or 661 francs CFA ne permettent pas de s'en sortir, car la vie est chère en Côte d'Ivoire. Je ne parle pas des prix que paient les expatriés ou grands bourgeois locaux, aussi élevés voire plus qu'en Europe. La vie est chère aussi pour l'homme de la rue. Nord-Sud a interrogé par exemple Daniel Nguimbous, agent de communication, la quarantaine, habitant Abidjan: il laisse 2000 francs CFA (3 euros) à son épouse pour la "popote" quotidienne et se débrouille lui-même avec 1000 CFA (1,5 euro): 500 pour manger, le reste pour se déplacer. Avec ces dépenses basiques de 3000 francs CFA par jour, il n'a pas encore payé son logement, les frais de scolarité des enfants et les médicaments si un membre de sa famille a le malheur de tomber malade. Avant-hier dans le village de Goh, une femme enceinte atteinte de crise nerveuse attendait, prostrée, dans le dispensaire du village: il aurait été possible de l'amener à l'hôpital de San Pedro, mais son mari était aux champs, et personne n'avait l'argent pour la soigner là-bas. Sans argent, les médecins ne vous laissent pas entrer.
Pour survivre à Abidjan avec une petite famille, il faut au moins 120 000 CFA par mois (200 euros). Beaucoup de gens ne gagnent pas cela. Dans les campagnes, on peut dire que l'économie monétaire joue encore un rôle d'appoint par rapport à l'économie vivrière.

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