lundi 23 février 2009

Pot commun

S'il y a un point positif qui est ressorti du sommet des chefs d'Etat européens ce week-end, c'est bien la proposition de renforcer le Fonds Monétaire International de 500 millions de dollars pour faire face aux besoins des pays touchés par la crise, en particulier ceux d'Europe de l'Est.
Selon les chiffres publiés ces derniers jours, leur dette remboursable à court terme se monte à 400 millions de dollars. Juste un exemple: la Lithuanie avait connu un taux de croissance de 10% en 2007, porté par la consommation et la construction. A la fin de l'année dernière, déjà touchées par la crise, les autorités ont refusé de dévaluer leur monnaie, liée à l'euro, et décidé des mesures d'austérité, sollicitant aussi l'aide du FMI. Malgré tout, la situation économique n'y cessé d'empirer, aboutissant à la démission du premier ministre et de son cabinet vendredi dernier. Le déficit de la balance des paiements y atteint 15% du produit intérieur brut.
Donner plus de moyens au FMI est nécessaire mais pas suffisant: il n'a pas que les nouveaux membres de l'Union à tirer d'affaire. Pour Wolfgang Munchau, du Financial Times, la réponse la plus intelligente serait d'étendre la zone euro aux nouveaux membres aussi vite que possible, pour éviter la glissade des monnaies locales à laquelle on nassiste actuellement, et qui alourdit la dette des ménages (en euros ou en francs suisses). Pour Munchau, pas besoin d'agir dans la précipitation: un engagement ferme et un plan de marche (au mépris des critères actuels d'entrée dans la zone euro, notamment en matière d'inflation) rétabliraient un peu de confiance sur les marchés monétaires.
Le financier George Soros a émis une autre idée, que je trouve personnellement plus stimulante: constatant que la Banque Centrale Européenne n'a pas actuellement le rôle de prêteur ultime, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, Soros propose qu'elle puisse émettre des obligations "zone euro" avec lesquelles elle financerait, entre autres, le dépannage des pays de l'Est.
Bon, tout ça ferait une dette supplémentaire de super-Etat au niveau européen, alors qu'on critique déjà celle des Américains. Mais cela donnerait aussi à l'UE un instrument pour une véritable politique économique dont on voit bien au fil des sommets successifs à quel point elle lui fait défaut. Par beau temps, c'était supportable. Dans la tempête actuelle, ça l'est moins.

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