Les Lausannois ont un nouveau métro, le M2, bijou de technologie qui tombe en panne plus souvent qu'à son tour. Les banques centrales utilisent, pour fixer leur politique monétaire, différents agrégats abrégés de M1 à M4, d'autant plus larges que le chiffre suivant le M est élevé. Contrairement au métro lausannois, le défaut de cet outil est sa rusticité.
En secouant jusqu'aux tréfonds le système financier, la crise remet aussi en cause les instruments de pilotage des banques centrales, qui ont bien senti venir le problème mais ont mésestimé son ampleur et, du coup, n'ont pas réussi à y faire face. Dans ce commentaire intéressant (et en français, pour une fois), Sébastien Duchêne estime qu'elles "ont failli dans leurs objectifs" - ce qu'Alan Greenspan, ex-patron de la Fed, a d'ailleurs reconnu à demi-mot - et propose de revoir leur rôle, notamment quant au ciblage de l'inflation.
On sait que l'inflation est la bête noire des banquiers centraux, car elle détruit le pouvoir d'achat et, à terme, les emplois. Le débat relancé par la crise est de savoir quels composants on inclut pour la surveiller, en plus du bon vieux panier de la ménagère et des salaires ou l'immobilier. Sébastien Duchêne en propose une liste qui va de l'évolution du crédit (ratio crédit/produit intérieur brut) aux prix des matières premières en passant par la liquidité des banques et le taux d'endettement des gouvernements.
Il propose aussi d'élargir la définition de M3 en y incluant les actions, "dont la grande majorité est liquide et peut être vendue à tout moment".
Je ne suis pas un technicien et ne peux juger de la validité de ces idées. Ce qui est sûr en revanche, c'est que la corrélation traditionnelle entre la variation des agrégats monétaires et celle de l'indice des prix usuel ne joue plus. Sans doute les banques centrales mènent-elles d'intenses réflexions à ce sujet. On apprécierait qu'elles en communiquent prochainement un premier rapport d'étape accessible au grand public. Greenspan avait coutume de dire qu'on ne peut prévenir les bulles et que le rôle de la banque centrale est d'en limiter les effets. Même lui n'en est plus aussi sûr aujourd'hui.
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