Un chef d'oeuvre, on vous dit! Dans l'affaire UBS-US, la Suisse se laisse entuber avec une poignée de gravier, comme un dit un producteur de lait de mes connaissances, et elle en redemande. A peine Hans-Rudolf Merz avait-il dit jeudi aux médias que le secret bancaire reste intact que les Etats-Unis réclamaient 52 000 autres noms à UBS, dont l'action est partie en vrille. les marchés ne croient plus Monsieur Merz, c'est pas gentil, ça.
La Suisse, république bananière titre Blick. Le professeur de droit économique Peter Kunz use de la même expression
dans le Bund. Il se dit "profondément choqué" que Merz ose décréter que la livraison de 250 noms aux Américains ne pose pas de problème au secret bancaire, puisqu'il s'agit "manifestement de fraudeurs". Qu'en sait-il, cette endive, lui qui affirme dans le même souffle "n'avoir rien à dire dans ce dossier, puisque c'est celui de la FINMA" (notre nouveau gendarme des banques). Que fait-il de la présomption d'innocence? Du respect du Tribunal fédéral?
Tant de misérables concessions bricolées dans l'urgence pour rien! Rien! Rien!
On a honte d'être Suisse. Vraiment. Dans le bras de fer des fonds en déshérence, au milieu des années 90, il y avait eu des moments difficiles, des aveux forcés, des compromis discutables, mais en gros, l'exercice avait eu quelque utilité historique et psychologique. Tandis que là...
Soulignons en rouge cette remarque d'
Ivan Pictet dans Le Temps: "La Finma aurait peut-être dû être plus dure en sanctionnant elle aussi les violations de la loi sur les banques par UBS".
Tiens, c'est vrai ça. Notre gendarme, qui constate une violation manifeste de ses obligations par une banque suisse, ne dit rien. Pas un blâme, pas une sanction. Logique: comme c'est le gendarme américain qui a mis les preuves sous les yeux de la Finma, c'est aussi à lui qu'on délègue la tâche de punir. Ne nous plaignons plus des juges étrangers, soyons modernes, sous-traitons la surveillance des banques suisses hors des frontières! Comme ça, le président de la Finma, Eugen Haltiner, ancien cadre UBS, pourra prendre une retraite bien méritée.
1 commentaires:
Accord UBS USA: une réminiscence incongrue (v
Je ne sais si dans leur séance pousse-café nocturne les membres du Conseil fédéral ont eu le temps de lire les quelques 50 pages de l’accord proposé entre UBS et le Département de la Justice US (DOJ) ou s’ils se sont contentés de l’avis d’un ancien cadre de l’UBS, président de la FINMA , avant d’entériner cet accord. L’UBS s’y reconnaît comme coupable de conspiration criminelle et accepte tous les chefs d’accusation énumérés. Elle reconnaît devoir s’abstenir également de toute contestation juridique à l’avenir et se livrer entièrement au pouvoir discrétionnaire du DOJ .Il ne s’agit nullement d’un règlement
pour solde de tout compte, comme l’UBS aimerait le faire croire, mais d’une capitulation sans conditions et d’un marché de dupes
La lecture de ce document a fait remonter en moi un événement qui a marqué mon enfance. Dans la nuit du 15 au 16 mars 1938 à Berlin, Emil Hacha, président de la république tchèque, a signé sous la menace un accord instituant un « protectorat » allemand sur les restes déjà tronqués de la Tchécoslovaquie. Le lendemain, les troupes allemandes envahissaient le pays. Certes les GI ne viendront pas demain occuper la Paradeplatz. Mais la peur existentielle, la lâcheté sous-jacente, les pressions psychologiques et les moyens utilisés sont étrangement similaires
Enregistrer un commentaire